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La nuit dans les rues d’Edimbourg, août 2013.

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la noche
14agosto

Il est viennois, a fui l’Allemagne nazie et a trouvé refuge en Angleterre. Au lendemain de la guerre, il rêve d’un Salzbourg post-hécatombes dans cette Europe détruite où les grandes villes seront trop occupées à reconstruire pour penser à la musique. Il s’appelle Rudolf Bing. Il fallait, raconteront les témoins du premier rendez-vous fixé par l’Autrichien à des responsables écossais dans un restaurant de Hanover Square à Londres, que ce soit une ville d’importance suffisante pour accueillir entre 50 000 et 150 000 visiteurs pendant un mois ; que, comme Salzbourg, elle ait du caractère et une beauté picturale ; et suffisamment de lieux pour un festival réunissant musique, opéra, théâtre et beaux-arts… Rudolf Bing avait visité Edimbourg avant-guerre et avait aimé cette ville qui sera épargnée par les bombardements…

C’est ainsi qu’est né, en 1947, le Festival d’Edimbourg. Quant aux 150 000 visiteurs espérés, ils sont devenus, soixante-six ans plus tard, près de deux millions pour plus de 2 500 spectacles dans quelque 250 lieux… Rudolf Bing a juste le temps de voir le monstre qu’il a contribué à créer que déjà il a rejoint New York pour y prendre la tête du célèbre Met, le Metropolitan Opera, dont il sera le talentueux monarque pendant vingt-deux ans. Mais, en vérité, Edimbourg doit aussi son succès à une autre genèse. C’est que, dès la première édition du festival, huit compagnies, non retenues, décident de s’y inviter malgré tout. Le Fringe («frange», «marge») est né.

LE MONDE, 12 de agosto de 2013 por Laurent Carpentier

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